Du management au télémanagement : idées et bonnes pratiques

Alors qu’il était il y a encore un an vu comme un arrangement réservé à certains, le télétravail s’est désormais généralisé, bon gré mal gré, pour des millions de personnes depuis mars 2020.

S’il permet de s’affranchir de la fatigue liée au temps de trajet, il emporte également le risque d’une pression non négligeable sur les collaborateurs et peut engager des effets indésirables plus ou moins sérieux : durée ou charge de travail excessives, désynchronisation des horaires de travail, brouillage des frontières, envahissement – voire disparition – de la vie privée, isolement, stress, anxiété, troubles du sommeil…

La situation des personnes confinées seules représente un danger tout particulier (plus de 10 millions de personnes vivent seules en France). Elles pour qui le bureau représentait l’une des principales sources de lien social et de contact physique sont désormais en première ligne de l’exposition aux troubles psychosociaux. A l’approche de la fin de l’année 2020, l’alerte est lancée pour 44% des collaborateurs, et 20% des managers qui souffrent de détresse psychologique. 31% seraient également exposés à un risque de dépression.

Lorsqu’il s’agit d’identifier des axes de salut, 82% d’entre eux sont en attente d’un accompagnement et d’un soutien de la part de leur entreprise.
Quels usages adopter pour vivre au mieux cette situation jusque-là inédite pour bon nombre d’entre nous ?

Bonnes pratiques : Comment bien télémanager ?

De toute évidence, les mêmes méthodes ne peuvent pas s’appliquer en présentiel et à distance. Si le télétravail nécessite d’apprendre à chacun à travailler autrement, il implique également de faire le choix de manager autrement. Voici quelques idées à adopter sans modération…

Faire preuve de vigilance et d’empathie

  • Non contraints par les horaires des transports en commun, il est facile de glisser progressivement vers la surcharge. Prêter attention aux signes précurseurs du surmenage : horaires tardifs, longues périodes sans prise de congés… permet de mieux identifier les situations à risque et de mieux accompagner les personnes concernées.
  • Veiller à la sécurité émotionnelle de chacun des membres de l’équipe : en leur adressant régulièrement des signes de confiance, en les rassurant sur la qualité du travail fourni, en donnant un peu plus de place qu’à l’accoutumée au feedback positif.
  • Autant que faire se peut, il est recommandé de privilégier les communications orales, surtout pour régler un problème, débattre d’un sujet, en comité restreint. A défaut, il est bon de soigner les échanges écrits, pour éviter de froisser certaines sensibilités déjà fragilisées par l’isolement.

Garantir des moments d’échanges, plus ou moins ritualisés

  • Que ce soit lors du morning meeting quotidien ou pour l’apéro visio d’anniversaire d’un membre de l’équipe, une attention particulière doit être portée aux absents et aux silencieux. S’assurer que chacun soit présent et participe permet d’entretenir le lien de confiance et de proximité, et surtout de maintenir le sentiment d’appartenance à un groupe, même à distance.
  • Pour relâcher la pression entre deux réunions, il peut être utile de proposer aux collaborateurs un espace d’échanges informel (via Slack, Teams, Signal, etc.), à défaut de pouvoir se retrouver autour de la machine à café.

Construire un environnement de travail adéquat

  • Dans une moindre mesure, dans un souci de bien-être global, d’autres aménagements plus fonctionnels peuvent être déployés pour adoucir les heures passées derrière un écran : activer la fonctionnalité anti-lumière bleue de l’ordinateur ou poser un filtre anti-lumière bleue directement sur l’écran*.
  • Afin de lutter au mieux contre le sentiment d’isolement qui peut parfois peser lourd, il est primordial d’apporter à chaque personne de l’équipe le soutien adéquat : en priorité, en réaffirmant la disponibilité des managers. En complément, il peut s’avérer nécessaire de mettre en relation les équipes avec des professionnels de santé, qui peuvent être contactés de manière anonyme par les collaborateurs en difficulté ou en souffrance.

Insuffler un vent nouveau

  • Pour casser la routine et enrayer le risque de lassitude, il est possible de participer à des formations, dont certaines sont même dédiées au management en télétravail et à la prévention des risques éventuels. Cela constitue une occasion de dialoguer avec de nouvelles personnes, et parfois même de découvrir un cadre inconnu et de changer de perspective.
  • Pour renforcer la culture d’entreprise, le challenge sportif d’équipe est de plus en plus répandu : un nombre de pas par jour à réaliser en sortant s’aérer 30mn (comme le recommande de l’OMS) à l’heure du déjeuner ou en fin de journée.

Qu’ils se fassent entendre par les voix des enfants qui interrompent leurs parents pendant les réunions ou au contraire par le silence qui règne dans leur foyer, aucun télétravailleur ne doit être oublié. Redoubler d’imagination pour mettre en place à distance un cadre inclusif, solidaire et bienveillant, en maintenant l’esprit d’équipe et le bien-être de chacun et de tous, voici un beau défi à relever pour les managers en 2021.

*L’exposition quasi permanente aux écrans et l’absence d’exposition à la lumière naturelle entravent la sécrétion de mélatonine (l’hormone du sommeil), qui se recharge à la lumière naturelle. Cette perturbation va impacter la qualité du sommeil profond, et peut aboutir à un dérèglement des rythmes biologiques.