Cérémonies agiles : illusion d’une transformation réussie ?

Sprint planning, daily meeting, démo, rétrospective… rythment désormais la vie des équipes agiles. A la fois moments de partage d’informations et de convivialité, ils sont les piliers du framework Scrum : grâce à eux, les rôles, process et outils s’affinent, pour devenir toujours plus efficaces. Pour autant, il arrive que les nouvelles méthodes masquent un fonctionnement encore similaire aux modèles précédents, dans lesquels les product owners et scrum masters ont remplacé les chefs de projets MOA et MOE.
 

« Cérémonies », « rituels » : mais pourquoi cette terminologie ?!

L’emploi de ces termes est surprenant : complètement absents du guide Scrum et des ouvrages de référence, ils sont pourtant omniprésents sur internet. Ils évoquent, à l’instar des squads, chapitres et tribus du modèle Spotify, l’univers de la fantasy chère à la culture geek – une connotation positive et ludique.

Cependant, pour d’autres qui seraient moins familiers des elfes, orques et chevaliers en tout genre, ces mots pourraient rappeler les dogmes religieux et leur caractère immuable… pas forcément très attrayant…

 

Entreprises traditionnelles & agilité : entre espoir et désenchantement.

Les collaborateurs, qui voient dans les méthodes agiles un moyen de redonner du sens à leur activité grâce à plus de pragmatisme et d’efficacité, sont souvent les premiers demandeurs de cette transformation. #formulemagique.

Pour ce faire, il faudra d’abord obtenir l’accord de la direction, puis réorganiser les équipes, identifier les nouveaux product owners et scrum masters, et mettre en place les « cérémonies » qui marqueront le passage à une logique de sprint.

Mais force est de constater que, malgré l’engagement des équipes et du top management, cette transition se déroule souvent dans la douleur : comment trouver sa place dans cette nouvelle organisation ? Sans oublier les frustrations issues d’un modèle qui continue de se chercher, et par conséquent incomplet (« le budget, ça se gère encore comme avant – il me faut un chiffrage détaillé, un périmètre et un planning pour valider »). #schizophrénie.

 

Essentiel pour réussir cette quête : former et accompagner.

Parce que les entreprises traditionnelles constituent encore des écosystèmes où les projets prennent du temps et où l’esprit d’initiative est peu encouragé, il n’est pas évident de s’approprier rapidement les fondements de l’agilité. Et ce ne sont malheureusement pas de nouveaux rôles, outils et processus qui suffiront seuls à changer ces réflexes ancrés profondément dans la culture de l’entreprise.

Or, c’est cet état d’esprit qu’il convient de faire évoluer, en accompagnant les collaborateurs à passer de la théorie à la pratique. De nouvelles valeurs doivent être appréhendées, comprises et assimilées : l’autonomie, la prise de décision, le droit à l’erreur, la remise en question… Les managers ont un rôle clé à jouer, aussi bien en tant que cibles des actions mises en place, qu’en tant que premiers ambassadeurs de la démarche.